vendredi 2 mars 2007

Review du livre - Les croisades vues par les Arabes

Je voulais commencer ce post par décrire à quel point j'ai apprécié cette semaine de congés comme il y avait longtemps que ce n'avait pas été le cas. Mais comme ce n'est ce qui intéresse le pauvre surfeur qui s'est échoué sur ce site porté par un vague quelconque, je vais directement décrire un bon livre que j'ai eu l'occasion de dévorer en ces congés : Les croisades vues par les arabes.

Je suis tombé dessus par hasard à la Fnac, mais j'ai tout de suite accroché : en général, j'aime tout ce qui me permet d'avoir un point de vue différent, mais là en particulier ce livre raconte d'une manière mi-romancée mi-historique des faits qui touchent à l'histoire de ma religion et de mes ancetres. En voici quelques extraits pour vous mettre l'eau à la bouche.

En voici une qui décrit Saladin au zenith de sa gloire, mais reste aussi humble que devrait l'etre tout les musulmans:

Un jour que Salaheddin était fatigué et qu'il cherchait à se reposer , un de ses mamelouks vint à lui et lui présenta un papier à signer. "Je suis épuisé, dit le sultan, reviens dans une heure!". Mais l'homme insista. Il colla presque la feuille au visage de Salaheddin en lui disant "Que le maitre signe!". Le sultan répondit : "Mais je n'ai pas d'encrier sous la main". Il était assis à l'entrée de la tente et le mamelouk remarqua qu'il y avait à l'intérieur un encrier. "Le voilà l'encrier, au fond de la tente", lanca-t-il, ce qui signifait qu'il ordonnait à Salaheddin d'aller prendre lui meme l'encrier, rien de moins!. Le sultan se retourna, vit l'encrier et dit "Par Dieu, c'est vrai!". Il s'étendit alors vers l'arrière, s'appuya sur son bras gauche et pris l'encrier de la main droite. Puis il signa le papier.

En voici un qui décrit l'empereur Frederic II:

Durant la pénible crise de Damiette, le maitre de l'Egypte s'est souvent posé des questions a propos de ce fameux Frederic, "al-enboror", dont les Franjs attendaient la venue. Est il vraiment aussi puissant que ce que l'on dis ? Est-il déterminé à mener la guerre sainte contre les musulmans ?
[...]
Dès son arrivée à Palerme [l'ambassadeur], celui ci est émerveillé : Oui, tout ce que l'on dis de Frederic est exact! Il parle et écrit parfaitement l'arabe, ne cache pas son admiration pour la civilisation musulmane, se montre méprisant à l'égard de l'Occident Barbare et surtout du Pape de Rome la Grande. Ses proches collaborateurs sont arabes, ainsi que les soldats de sa gardes, qui, aux heures de la prière se prosternent en tournant leurs visages vers la Mecque.

Voilà, je pense que ces extraits seront suffisants pour vous donner envie de le lire. J'ajouterai que je le déconseillerait aux personnes qui sont susceptibles d'etre marqués par les descriptions d'europeens, barbares, rasant les villes, egorgeant les vieillard et violant les femmes (sans épargner leurs coreligionnaires Coptes!!!)

Bien sur le récit est forcément incomplet vu qu'il est exprimé du point de vue des arabes. Néammoins on en apprend aussi sur la futilité des guerres de roitelets qui déchire les musulmans à l'époque (aujourd'hui encore ?), ainsi que les massacres occassionnés par les mamelouks qui ont mis fin définitivement aux croisades.

5 commentaires:

moufid a dit…

Ca me rappelle un passage du livre que tu m'avais conseillé "Le soleil d'Allah brille sur l'occident" concernant Frederic II (Friedrich II en Allemand), qui relatait que ce roi avait pour destin de regner sur le royaume germanique de ce temps-là. Orphelin très tôt en patrie sicilienne, où ses ancêtres normands avaient fondé un Etat reposant sur des bases arabes, il fut victime de crapuleuses manigences des régents, qui eut pour résultat de dissiper les bins royaux. Contrairement aux voeux de son feu père, Henri VI, l'enfant de 6 ans et réduit à accepter l'hospitalité des arabes jusqu'à sa septième année au . Son éducation s'est faite dans les mosquées, les églises, les souks, les rues. Il apprend ainsi 9 langues, apprend le calcul en arabe, une innovation en ce temps là, et bien d'autres choses.

mamelouk a dit…

effectivement ^^
d'ailleurs à propos des chiffres "arabes", dans ce livre là, il est rappelé l'origine du mot "chiffre". le sifr... qui était nouveau à cet époque, donna son nom aux autres.

mamelouk a dit…

euh oui et donc tout ca pour dire que j'aime bien ces anecdotes qui donnent l'impression d'etre intelligent aux diners :-)

mais plus sérieusement qui nous renseignent sur notre identité.

"al-enberor"...lol

rico a dit…

bonjour
j'ai acheté il y a quelques jours une réédition du livre d'Amin Maalouf "les croisades vues par les arabes"
tiens ! pas de majuscule à Croisades alors que nous Chrétiens (je fais exprès de mettre une majuscule)en avons fait tout un plat
mais pas de majuscule à Arabes ?
et puis je visite votre blog et je vois le sous titre "la barbarie chrétienne en terre sainte" (on ne sait pas s'il y a une majuscule à Terre Sainte, mais bon"
sur mon édition est devenue "la barbarie franque en terre sainte"
cela veut dire que les Francs étaient des barbares (pas tous quand même ?!)alors que sur l'ancienne édition les Chrétiens étaient des barbares
mais comme tous les Chrétiens n'étaient pas Francs et on le voit bien dans le livre (les Chrétiens de Syrie ou de Jérusalem par ex)
très bon livre en tout cas
savez-vous s'il existe un site où l'on peut trouver la version "arabe" des noms francs ?
(j'ai bien aimé "al cond herri" pour "le comte Henri" (de Champagne)
cordialement
éric

mamelouk a dit…

bonjour éric,

l'impression que j'ai eu de ce livre c'est que ca reste un roman, bien que lié à des faits historiques.. il ne faut donc pas s'attaquer aux majuscules, ni aux raccourcis faciles (chrétiens -> francs)

je ne sais pas s'il existe de site décrivant les traductions des noms francais en arabe, car de manière générale, on "n'arabise" pas les noms, il y a juste une adaptation phonétique.. (empereur devient emberor car le p n'existe pas en arabe, le reste reste plus ou moins la meme chose)

en tout cas je suis bien content de voir que des citoyen francais, chrétiens, s'intéressent un peu à la manière dont les musulmans voient le monde (dont leurs voisins chrétiens)

cordialement